L'invention de la citoyenneté dans le monde antique.
Remarques après une visite en classe de seconde. Séance introductive du chapitre.
Le manuel est l'édition Belin, coll D.Colon.
http://www.editions-belin.com/ewb_pages/c/catalogue_interactif.php?article=005419c2
un objectif : une étude comparée de la citoyenneté entre la cité des athéniens aux Ve et IVe siècles et la citoyenneté dans l'Empire romain. On peut choisir d'étudier la citoyenneté (lien avec l'ECJS) en 4 temps (voir schéma inspiré d'A.LePors) : la citoyenneté est définie par le droit, se traduit par un exercice, est liée à une dynamique, se fonde sur des valeurs. L'objectif de l'ensemble du chapitre est de pouvoir remplir un tableau comparatif (formalisé ou non)
une perspective : quel intérêt d'inscrire ces moments dans notre mémoire ? (NB tout jugement anachronique, du genre une « vraie » démocratie ? Est à proscrire)
-tout le vocabulaire et la réflexion politique contemporaine est initié par les auteurs grecs (Aristote, Platon...)
- rôle du théâtre pour exposer les problématiques politiques
-mécanisme de la citoyenneté pour intégrer des populations nouvelles
-échelle urbaine fondamentale dans la définition de la citoyenneté
-mécénat , et utilisation des richeses pour le bien commun
-accessoirement, rappel du choix fait au XIXe en France d'étudier Athènes (vs Sparte en Allemagne) comme la matrice de la démocratie républicaine, et l'Empire comme une structure capable de faire naître une société « gallo-romaine ».
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Athènes Ve-IVe siècles |
Empire romain I-IIIe siècles |
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définition par le droit |
exclusivisme strict, différence précise entre citoyens et non-citoyens |
logique intégratrice : multiplicité des voies d'acquisition de la citoyenneté |
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exercice de la citoyenneté |
surtout exercice du pouvoir politique, « débattre, décider, juger » statut juridique privilégié, , défendre la cité (cavaliers, hoplites et rameurs) participation (et financement) aux fêtes civiques |
citoyenneté non liée à l'exercice effectif du pouvoir politique statut juridique et social privilégié. participation (et financement) aux fêtes civiques |
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dynamique |
. citoyenneté fondée sur l'égalité des citoyens et la déconnexion entre statut privilégié de citoyens égaux et situation (inégalités de richesse) des habitants de la cité, . débats sur la légitimité de la démocratie, . débats sur le fonctionnement de la démocratie |
. dynamique de l'intégration dans un ensemble impérial. . citoyenneté fondée sur les situations sociales inégalités de richesse et de situation sociale et sur le clientélisme |
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valeurs |
respect des Dieux, pérennité et gloire de la cité |
respect des Dieux et loyauté envers l'Empire, pérennité et gloire de la cité, evergétisme. |
Comment présenter le cadre de la cité des athéniens dans l'optique de la leçon sur la citoyenneté ?
On peut employer une variation d'échelle :
- d'abord une carte de l'Attique (p.7/24) qui permet de rappeler la définition de la cité grecque, on peut souligner au passage la diversité sociale des habitants de la cité des athéniens : des agriculteurs, des artisans et des commerçants urbains liés aux activités maritimes (Le Pirée) que l'on pourra replacer dans le cadre de la Méditerranée (orientale) grâce à la carte suivante
- ensuite, grâce à la carte du monde grec (p.4-5/24), on peut replacer Athènes dans un système de rivalités entre cités et la présence de royaumes au Nord, notamment la Macédoine
- à l'aide la même carte, on peut replacer Athènes dans le cadre de la rivalité entre grecs et barbares (perses) avec comme enjeu le contrôle des cités grecques d'Asie Mineure et mentionner l'opposition entre deux fédérations face aux Perses : la ligue de Délos, et la fédération menée par Sparte. NB l'insistance sur la ligue de Délos, c'est à dire la dimension impérialiste n'est pas strictement nécessaire.
Ces commentaires de cartes permettent de mieux comprendre la chronologie (p.3/24), et de la relier à la problématique de la citoyenneté et de la démocratie athéniennes :
- Pour assurer la perennité de la cité, les réformes de Solon et de Clisthène ont assuré un système stable de défense de la cité par des citoyens-soldats, en déconnectant d'une part la société politique (une cité de citoyens égaux) fondée sur un statut très restrictif de la citoyenneté et de son accès, d'autre part les situations sociales inégales, et notamment des disparités de richesse.
- Or, et c'est là la toile de fond de la guerre du Péloponnèse, la cité des athéniens a besoin de sommes considérables pour mener des guerres incessantes et embellir la cité, c'est à dire qu'elle a besoin des richesses de ses membres, voire de l'utilisation de ressources communes « grecques » drainées par la ligue de Délos. Comment ne pas confier à ceux qui financent ces entreprises le pouvoir politique ?
- La dynamique de la citoyenneté s'inscrit donc dans une double problématique : la démocratie est-elle un régime politique supérieur à d'autres, notamment l'aristocratie et l'oligarchie ? L'exercice de la citoyenneté génère des débats (égalité ou mérite, liberté ou discipline, participation de tous ou respect des compétences, élection ou tirage au sort). NB bien noter que la démocratie est toujours un scandale : l'opinion de chacun vaut strictement celle de chacun des autres
L'utilisation de l'image d'ouverture du livre (stèle):
- l'ordre canonique des questions n'est pas très pertinent : demander d'abord aux élèves la définition de ce qu'est une stèle, est logique, mais pas fondamental.
- En revanche, commencer par leur demander ce qu'ils voient (y compris sans avoir recours à la légende : STELE) s'avère très pertinent : un personnage assis sur un trône sur lequel une femme pose une couronne, la scène évoque sans peine pour les élèves l'image du souverain.
- Dans un second temps, le recours à la légende (STELE + LEGENDE) permet de comprendre le mécanisme de l'allégorie et surtout de donner la définition de la démocratie comme fondant la souveraineté du peuple.
- Dans un troisième temps, la définition « technique » de la stèle (une plaque sculptée exposée verticalement), liée à la monumentalité et la commémoration prend son sens : la mise en scène, l'auto-célébration de la démocratie.